La méthode des enveloppes pour gérer son budget : quel intérêt ?

De plus en plus de consommateurs s’essaient aux enveloppes budget, une méthode qui cumule des millions de vues sur les réseaux sociaux. L’idée : glisser des billets dans de petites enveloppes plastiques pour rendre chaque dépense plus concrète et mieux assurer ses fins de mois. Rencontre avec des adeptes.

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Rédaction SoPress

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Barbara a commencé à utiliser la technique des enveloppes budget il y a trois ans, alors qu’elle était enceinte de son troisième enfant, que cette fois-ci, elle attendait seule. La nécessité de faire des économies durant sa période de congé parental s’imposait : « J’allais faire face à une perte de revenus conséquente », anticipe à l’époque cette tractoriste aux revenus modestes, qui vit dans la campagne girondine. Habituée des chèques reportés, elle souhaite surtout rompre avec ce cercle vicieux. Alors un jour, elle se décide : elle se met à la méthode des enveloppes budget, plébiscitée par des dizaines de milliers d’internautes qui partagent leur expérience sur les réseaux sociaux.

L’objectif est simple, mais plutôt fastidieux : faire une analyse sur six mois des dépenses du foyer et les regrouper par catégorie.

Alimentaire, vêtements des enfants, loisirs, imprévus… Désormais, tout est passé au crible, pour mieux respirer quand arrive la fin du mois. Pour cela, le principe est de retirer à la banque en début de mois des espèces pour visualiser son budget et les répartir dans des enveloppes réservées à chaque catégorie de dépense pour éviter les écarts. La promesse ? Quand on a de l’argent en espèces, on contrôle plus. Et les petites économies réalisées chaque mois ont beaucoup plus de vertus qu’elle ne croyait. « Pour Noël, d’habitude j’ai 20 à 30 euros par enfant. Mais depuis les enveloppes budget, j’ai pu offrir une console de jeux vidéo portable à mes enfants ! », assure-t-elle, le sourire aux lèvres. Barbara est ainsi parvenue à mettre 300 euros de côté grâce aux enveloppes et son découvert de 600 euros a été résorbé.

Une influence grandissante sur les réseaux sociaux

Deux ans plus tard, elle décide de partager son travail sur Instagram. « Je l’ai fait avant tout pour booster ma rigueur », assure-t-elle. En quelques mois seulement, elle passe de 3 500 à 17 000 abonnés. Très vite, elle reçoit des centaines de messages de remerciements. « Des femmes, en grande majorité, me disent : “Merci, votre contenu m’inspire, me motive à sortir de la galère financière.” Quand on baisse les bras, ces petites vidéos sont un coup de pouce ». Divorce, maladie, chômage, les comptes dédiés à cette méthode de gestion budgétaire sont aussi l’occasion pour de nombreuses personnes de partager les tourments de la vie quotidienne par message privé. Mais qui dit abonnés, dit influence. Parmi les comptes qui promeuvent la méthode des enveloppes budgétaires, certains sont devenus viraux et comptent des centaines de milliers d’abonnés. Un succès qui permet de vendre des trieurs, classeurs et enveloppes budget selon sa propre méthode, ou même d’accompagner des familles dans la gestion de leur budget.

Un métier à part entière ?

C’est d’ailleurs devenu le métier d’Anna, 42 ans, qui vit à Vitrolles. Sur son compte, elle cumule 100 000 abonnés et a même publié un livre chez Larousse, Mieux gérer mon argent pour vivre mieux. Elle s’est lancée dans l’arène des enveloppes budgétaires en 2019 pour partager ses problèmes financiers. « J’avais des crédits à la consommation et une négligence vis-à-vis de la gestion de mon argent. Tant que j’avais de l’argent, je dépensais », se souvient Anna. De 17 000 euros de dettes, elle a réussi à revenir à zéro. Forcément, ce défi l’a rendue populaire. Elle vend désormais des formations, des livres, mais aussi ses cahiers budgétaires. Elle en écoule 3 000 chaque année.

Les économies que provoquerait la méthode des enveloppes budgétaires ne mettent pas tout le monde d’accord. « On propose une méthode pour sortir les gens de la galère, alors ça me dérange que certains gagnent de l’argent sur le dos de personnes qui n’en ont pas », dénonce Barbara, qui déclare ne tirer aucun revenu de ses contenus sur les réseaux sociaux, mis à part des primes de parrainages avec quelques marques vendues en grande distribution.

Se prémunir de l’obsession

D’origine polonaise, Anna fut d’abord étonnée du tabou qu’ont les Français avec l’argent. « En France, on ne parle pas de nos galères avec nos proches, on ne demande pas à nos copines : montre-moi comment tu gères ton budget. Je suis très contente qu’il y ait de plus en plus de comptes qui font changer ça. » Dans le lot des followers, évidemment, il y a aussi parfois un peu de curiosité malsaine. « Les gens se comparent, regardent combien on paye nos abonnements téléphoniques, ce qu’on fait de notre temps libre… », reconnaît Anna. Barbara reconnaît aussi que cette méthode peut parfois virer à l’obsession : « Je vérifie mes comptes au moins une fois par jour. Le compte Instagram me sert de catalyseur. » Pourtant, conclut Anna, cette méthode permet « de travailler sa relation avec l’argent ».

En étant très concrète, elle permet que l’argent soit moins virtuel, ainsi chaque dépense est immédiatement perceptible et chaque économie aussi.

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